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Tai Chi, Tao et Zen

Mercredi 10 mai 2006
« Le bon chef ne déploie pas son armée
Le vrai guerrier est sans colère
C’est conquérir son adversaire
Que d’éviter de l’affronter
C’est faire bon emploie d’un homme
Que de se placer sous lui »
                                                                                          Daodejing 68
Par maitou
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Dimanche 14 mai 2006
Bonjour,

Après mon article d'hier soir à propos d'Elodie et de ses 25 ans qu'elle vient de fêter et qui m'ont fait prendre conscience qu'un quart de siècle me sépare déjà du jour de sa naissance, je savais qu'il y avait, en moi, quelque chose à régler.

En me réveillant ce matin, sans savoir pourquoi je suis allée ouvrir le Tao-tö king et je suis tombée sur la leçon 64 paragraphe 3. C'est tout simple mais nous n'y pensons pas assez.


L'arbre dont on ne peut pas embrasser le tronc est sorti de presque rien;
la tour de neuf étages a commencé par un tertre.


Je vais bien y arriver, un jour. Je vais bien, un matin, me réveiller sans regrets, sans nostalgie, sans espoir de ne pas perdre la mémoire de ce que je fus. Un matin je serai dans l'instant, dans le moment et rien d'autre qu'un brouillard de bonheur et de présent, avec rien d'autre que la joie de vivre et la respiration en accord avec ce qui m'entoure. Alors, je pourrai donner du bonheur aux autres qui se sentiront libres de moi.

Dans le vide il y a le bien et non le mal.

C'est Miyamoto Musachi qui nous le dit dans son ouvrage "traité des 5 roues". Et il dit aussi "En général, l'idée qu'on a du vide est fausse". Je le crois volontiers puisque je l'expérimente chaque jour. Je crois qu'on n'y arrive que par une partique quotidienne, et longue, très longue... Tout un monde à découvrir...

PS : ne prenez pas le "bien" et le "mal" au sens du catéchisme. C'est à la fois beaucoup plus simple et beaucoup plus compliqué que ça. Mon intuition me dit que je suis encore bien loin de pouvoir le raconter....

Pour moi ce "bien", aujourd'hui, pourrait être décrit comme l'acceptation entière et totale des cycles de nos vies, l'imprégnation de nos êtres dans les cycles de la nature et le grand respect de ces deux états de fait qui sont en perpétuelle évolution. Mais une acceptation involontaire, vraie, en harmonie avec la respiration, le chant des oiseaux et le temps qui passe sans exister. Oh lala...! Pourvu que je devienne simple un jour...


Petite histoire à propos de Maître Miyamoto Musachi :

Un samouraï vint voir le légendaire Maître Miyamoto Musachi, et lui demanda de lui enseigner la véritable Voie du sabre. Ce dernier accepta.

Devenu son disciple, le samouraï passait son temps, sur l’ordre du Maître, à porter et couper du bois, aller chercher de l’eau à la source lointaine. Et ce, tous les jours, durant un mois, deux mois, un an, trois ans.


N’importe quel disciple se serait enfui au bout de quelques jours. Le samouraï, lui, continuait. Au bout de trois ans, il n’y tint toutefois plus, et dit à son maître : " Mais quel entraînement me faites-vous subir là ? Je n’ai pas touché un sabre depuis mon arrivée ici. Je passe mon temps à couper du bois à longueur de journée et à porter de l’eau ! Quand m’initierez-vous ? "

"Bon, bon. répondit le Maître. Je vais vous apprendre la technique, puisque vous le désirez. » Il le fit entrer dans le dojo, et, chaque jour, du matin au soir, lui ordonnait de marcher sur le bord extrême du tatami et de faire ainsi, pas à pas, sans se tromper, le tour de la salle.
 
Le disciple marcha ainsi un an le long du bord du tatami. Au bout de ce temps, il dit au Maître : " Je suis un samouraï, j’ai beaucoup pratiqué l’escrime, et rencontré d’autres maîtres de kendo. Aucun ne m’a enseigné comme vous le faites. Apprenez-moi enfin, s’il vous plaît, la vraie Voie du sabre. "
" Bien, dit le Maître, suivez-moi. "

Il l’emmena loin dans la montagne, là où se trouvait une poutre de bois traversant un ravin d’une profondeur inouïe, terrifiante. « Voilà, dit le Maître, il vous faut traverser ce passage. » Le samouraï disciple n’y comprenait plus rien et, face au précipice, hésitait, ne sachant plus que faire.

Tout d’un coup, ils entendirent toc-toc-toc, le bruit d’un bâton d’aveugle, derrière eux. L’aveugle, sans tenir compte de leur présence, passa à côté d’eux et traversa sans hésitation, en tapotant de son bois, la poutre qui franchissait le ravin.

"Ah, pensa le samouraï, je commence à comprendre. Si l’aveugle traverse ainsi, moi-même, je dois en faire autant. Et le maître lui dit à cet instant : " Pendant un an, tu as marché sur le bord extrême du tatami, qui est plus étroit que ce tronc d'arbre, alors tu dois passer. " Il comprit... et traversa d'un coup le pont.

L'entraînement était complet : celui du corps durant trois ans; celui de la concentration sur une technique (la marche) pendant un an, et celui de l'esprit face au ravin, face à la mort.

hsouffran.free.fr/artsmartiaux/enseignementmusashi.html

Alors ça, j'aime énormément. Un bonheur total à lire et a penser. Il n'y a plus qu'à pratiquer...

Musachi a même fait de la maîtrise de la lenteur une de ses stratégies :
« Voici ce que j’appelle la frappe de l’eau courante. Vous vous battez à égalité avec votre adversaire, et chacun cherche à trouver une opportunité. Dans cette situation, lorsque l’adversaire essaie, en hâte, de reculer ou de dégager son sabre, ou de repousser votre sabre, vous élargissez votre corps et votre esprit. Vous frappez amplement et puissamment, en avançant le corps en premier et le sabre ensuite, avec un mouvement bien lent en apparence, comme une eau courante qui semble stagner.».

http://www.toulouse-universite-club.fr/articles.asp?Idrubrique=11&Idpage=81

La pratique de l’escrime de Miyamoto Musachi est assez particulière puisque le traité des cinq roues se divisent selon les éléments (Terre, Eau, Air, Feu), le cinquième étant le vide. Ce traité donne des indications sur des notions importantes de la vie, telles que le rythme, en plus de celles pour la pratique du maniement du sabre.

http://www.dave-jay.com/article.php3?id_article=738

Maître Miyamoto Musachi vécu au Japon dans la 1° moitié du XVII° (1584-1645)
On dit qu'il fut un "ronin" (un samouraï sans maître).

Miyamoto Musashi
Biographie

Shimmen Takezo No Kami Fujiwara No Genshin est né au village de Miyamoto dans la province Mimasaka en 1584. Il allait devenir un samouraï de légende.

Son grand-père était un loyal serviteur du seigneur du château de Takeyama, Shimmen Iga No Kami Sudeshige. Son père Munisai était un samourai reconnu pour son extrême agilité à se servir du jitte. Ce dernier abandonna son fils à l’âge de 7 ans, un an après que la mère du bambin soit morte.

Shimmen Takezo (qui se nommera plus tard Musashi) avec son tempérament agressif, commença jeune l’apprentissage du maniement de l’épée. Il devint rapidement très bon et très rapide. Tellement rapide et bon qu’il tua son premier homme à l’âge précoce de 13 ans ! L’opposant en question était un samourai de l’école Shinti Ryu de l’Art Militaire connut sous le nom de Arima Kigei

Son deuxième duel eu lieu lorsque Musashi eut seize ans. Son opposant fut cette fois-ci un samourai nommé Tadashima Akiyama. Ce dernier traversait le village de Musashi en défiant tous et chacun en duel...

Vers l’an 1600, le Japon fut plongé dans une guerre sanglante pour l’unité du pays. Musashi, en bon samourai, jugea qu’il fallait qu’il fasse son devoir et sa part dans cette guerre. Il joignit les rangs de l’armée d’Ashikaga allié au Shogun de l’époque Hideyoshi qui était en conflit avec son plus grand rival Tokugawa Ieyasu.

La bataille de Seki ga Hara, la plus célèbre du Japon, dura trois jours et plus de 70 000 samourais moururent. Musashi survécut à cette bataille, mais maintenant que Tokuagwa Ieyasu était Shogun, il serait poursuivit pas les serviteurs du vainqueur.

Lorsque Musashi retourna à son village, il ne fut pas acueillit en héros. Les anciens du village le considéraient comme étant incontrôlable et il dut partir. Il se retrouva finalement captif au château de Hejime où il apprit la voie des guerriers. Après un long apprentissage, Musashi se fit offrir un poste important auprès d’un daimyo (seigneur d’une région plus ou moins grande). Il refusa avec courtoisie, préférant devenir un Guerrier en quête de l’Illumination (musha shugyo). Il partit donc vers Kyoto, qui était la capitale à l’époque. Désireux de vouloir tester ses capacités de combattant, il défia l’une des écoles les plus renommées ; celle de la famille Yoshioka, dont le fondateur était semble-t-il un duelliste de renom. Le premier qui releva le défi lancé par Musashi fut celui qui était à la tête de la famille Yoshioka, Seijiro. Ce dernier était armé d’une vraie épée alors que Musashi était armé d’un bokken, un sabre de bois. Le combat ne dura que peut de temps. Seijiro perdit son bras dans le duel et mourut. Le deuxième duel, eut lieu contre Denshichiro, le frère de Seijiro. Le combat fut, encore une fois, bref. Musashi brisa le crâne de Denshichiro le temps d’un battement de cils...
Le plus grand duel qu’eut jamais Miyamoto fut contre Sasaki Kojiro.
Sasaki Kojiro était renommé à travers le Japon comme étant une lame n’ayant pas d’égal. Lui et Miyamoto s’affrontèrent dans un duel, dont Miyamoto sortit vainqueur in extremis mais en déclarant qu’il n’eut jamais affronté meilleure lame que celle de Kojiro. Musashi vécut encore longtemps et écrivit vers la fin de sa vie le Go Rin No Sho (Le livre des Cinq Anneaux) qui se veut un traiter sur les tactiques et les stratégies militaires. Il fut le plus grand des samourais, car il a toujours suivit sa propre voie, son karma sans jamais y déroger en plus d’être un adversaire presque invisible à l’épée.

En 1637, il rentra au service de ses anciens adversaires les Tokugawa et combattit pour eux les révoltés chrétiens de Shimabara. Il devint alors instructeur en 1640 de la puissante famille Hosokawa de Kumamoto. C’est trois ans plus tard qu’il écrivit son célèbre ouvrage de stratégie d’arts martiaux " Gorin no Sho" ( Le livre des cinq cercles ). C’est ègalement à cette période qu’il exécuta ses plus belles peintures dans un style très épuré et incisifs. Il mourut en 1645.

La légende de Miyamoto Musashi est tellement ancrée dans l’histoire du Japon que plus de 7 films différents retracent sa vie, ainsi que des pièces de théâtre. "La Pierre et le Sabre" best seller international d’Eiji Yoshikawa, raconte la vie de ce guerrier hors du commun.





Par maitou
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Lundi 22 mai 2006


Nul n'a besoin de maison, d'argent,
de pouvoir ou de statut pour partiquer
l'Art de la Paix.
Le ciel est juste à l'endroit où vous
vous trouvez, et c'est la place à préserver.


                                                                                                L'art de la Paix - Morihei Ueshiba (1883 - 1969)



O' Sensei Morihei Ueshiba, invincible combattant, était avant tout un homme de paix détestant la bagarre, la guerre et la violence sous toutes ses formes.

Sa voie était celle de l'Aïkido, la voie de l'union des énergies, qui peut également être traduit par "L'Art de la Paix".

Par maitou
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Vendredi 26 mai 2006


Lorsqu'un adversaire avance,

laissez le rentrer.

S'il tire vers l'arrière,

poussez dans sa direction.


                                                                        "L'art de la Paix" O'Sensei Morihei Ueshiba


C'est aussi génial que "le chêne et le roseau". Car ce n'est pas toujours la force visible tranquille ou violente qui gagne en face de l'agresseur mais celui qui ploie et se redresse comme celui qui use de l'énergie de l'autre pour rester debout. Enfin, c'est un peu plus compliqué ou plus simple, mais c'est une première approche...

A méditer et à mettre en pratique !
Par maitou
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Mardi 13 février 2007
On m'a dit que le maître du vent est dans un parc à Paris.
On m'a dit que je le reconnaîtrai aussitôt.
On m'a dit qu'il faut se lever tôt pour le croiser et le reconnaître.

Voilà plusieurs matins que je ne le croise pas alors que je le cherche.

Peut-être dois-je ne pas le chercher.
Peut-être n'est ce pas encore le moment.

En attendant, je me sens bien seule dans ma pratique.
Par maitou
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Dimanche 27 mai 2007
L'échec est la clé du succès,
Chaque erreur nous apprend quelque chose

"L"art de la Paix" de Maître Ueshiba

Ca prend du temps, beaucoup de temps pour admettre que nous devons changer de route parce qu'une épreuve nous en sugère l'obligation...

Un peu de distance par rapport à la réalité du quotidien....

Un détachement du secret lien qui nous lie à nos projets avant l'épreuve qui va nous en détourner.

Je ne sais pas... parfois j'ai l'impression d'être dans un rêve. Seul compte le souffle qui circule dans mon corps, mon lien à la terre mère, ma peur de la follie humaine. Alors, ce projet-ci ou celui là...
Par maitou
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